Table québécoise sur la saine alimentation


Raison d'être

Une alimentation déséquilibrée, riche en gras, en sucre et en sel, ainsi qu’un apport énergétique qui dépasse les besoins de l’individu, sont parmi les principaux facteurs de risque modifiables pour prévenir l’apparition du surplus de poids et de maladies chroniques telles que le diabète, certaines formes de cancer, les maladies cardiovasculaires et l’hypertension (1). Les groupes les plus défavorisés ont un risque accru de développer diverses maladies et leurs complications.

Bien que certaines habitudes alimentaires se rapprochent maintenant davantage des recommandations nutritionnelles, plusieurs autres s’en éloignent encore. Le profil général de l’alimentation de la population reste à améliorer. Ainsi, les fruits et légumes et les produits laitiers sont les deux groupes alimentaires dont la consommation n’est pas suffisante (2, 3). Par ailleurs, notons que la consommation de fruits et légumes tend à stagner depuis 2005, et même à diminuer chez les hommes (4). Les apports en fibres alimentaires, en calcium, en vitamine D, en potassium, en magnésium, en zinc, en vitamines A et C et en folate sont faibles (2, 3). D’un autre côté, une grande partie de la population tire une proportion trop élevée de ses calories des matières grasses, sauf les enfants de 1 à 3 ans qui n’en consomment pas suffisamment (2). Il ressort, plus particulièrement chez les jeunes, qu’une grande partie des calories consommées provient des boissons qui peuvent être une source importante de sucre et peuvent remplacer des aliments de plus haute valeur nutritive (5). Enfin, la consommation de sodium, autant chez les jeunes que chez les adultes, excède de beaucoup l’apport maximal tolérable (2, 3).

Des changements culturels importants dans les dernières décennies ont amené les Québécois à développer un nouveau rapport à l’alimentation en influençant leurs décisions à son égard, que ce soit pour le choix des aliments, la préparation des mets, les heures et les lieux de prise des repas, etc. Ces changements ont également eu des impacts sur l’offre alimentaire et ont contribué à façonner de nouvelles normes sociales reliées à l’alimentation. Dans le secteur de l’alimentation, les normes sociales sont décrites comme étant des règles « socialement définies et transmises entre les générations qui fixent l’ordre du mangeable, les modes de préparations culinaires, les formes de consommation, les rythmes alimentaires et les interactions entre les acteurs de la filière » (6). Ainsi, les normes sociales influencent le comportement alimentaire des consommateurs et peuvent être le reflet de la culture à laquelle elles appartiennent. Par ailleurs, on peut observer depuis quelques années que les consommateurs semblent avoir de plus grandes attentes à l’égard de la nourriture qui leur est proposée. Selon certains experts, on pourrait même affirmer que la recherche d’une alimentation saine est une norme sociale en voie de développement au Québec (7).

La science du comportement indique qu’il est difficile d’améliorer la qualité de l’alimentation si toute la responsabilité de « mieux manger » incombe aux consommateurs (8). Il est essentiel de rendre les choix alimentaires sains, faciles à faire et attrayants. C’est pourquoi la création d’environnements favorables à la saine alimentation est reconnue comme une stratégie prometteuse.En effet, pour que des aliments de bonne qualité soient choisis et consommés, les Québécois doivent nécessairement y être exposés et y avoir accès. Pour y arriver, la collaboration entre les divers acteurs issus de différents secteurs (santé, recherche, etc.) est primordiale.

De nombreux leviers disponibles

Le PAG, qui a engagé huit ministères et trois organismes gouvernementaux, a permis de mettre en place diverses actions pour promouvoir les saines habitudes de vie au Québec (9). Notamment, des politiques alimentaires sont maintenant en application dans les écoles primaires et secondaires québécoises et dans les établissements du réseau de la santé et des services sociaux. De plus, avec la diffusion du Cadre de référence pour créer des environnements favorables à la saine alimentation, au jeu actif et au développement moteur en services de garde, Gazelle et Potiron, les services de garde adoptent aussi des politiques alimentaires. En complémentarité, l’organisme Québec en Forme soutient divers projets locaux, régionaux et nationaux ayant pour objectif de faciliter l’adoption de saines habitudes de vie par les jeunes. Par ailleurs, plusieurs entreprises agroalimentaires et diverses associations qui les regroupent sont proactives et s’engagent dans des projets d’amélioration de la qualité nutritionnelle de leurs produits ou la publication d’outils et de guides pour la production d’aliments plus nutritifs.


 Références